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HISTOIRE DE L’ART
que le prince des copistes avait de sa valeur, elle ne peut cependant mé
connaître la grandeur de son entreprise. Eadwin voulait faire un pendant
au psautier d’Utrecht. Il copia, en cinq colonnes, les diverses versions de
la traduction des Psaumes avec les gloses. Trois initiales peintes, la plus
grande pour le Gallicanum, sont en tête de chaque psaume. D’abord, il ne.
se contente pas de copier et de traduire en son style les miniatures du
psautier d’Utrecht ; il
essaie de les transpo
ser; mais, après quel
ques essais, il y re
noncent, pour le reste
de la série, suit exac
tement son modèle.
D’ailleurs, il n’a pas
l'ait seul tout le tra
vail ; on y constate
l’intervention de plu
sieurs collaborateurs
inégalement doués.
Le style est tout à
fait anglo-normand;
a cet égard, le modèle
est resté sans in
fluence et la repré
sentation des mouve
ments a conservé une
hardiesse remarqua
ble. Le contour net
des ligures, les vête
ments collés aux
corps, les profils gros
siers rappellent les
manuscrits de Saint-
Albans.
Si riches et brillantes que soient leurs œuvres, les écoles de Saint-
Albans et de Ganterbury ne peuvent se mesurer avec les ateliers contem
porains de Winchester. Winchester, centre de l'ancienne école anglo-
saxonne, a conservé ses vieilles traditions avec plus d'obstination.
Commençons par un psautier en latin et en franco-normand, qui, très
probablement, fut écrit pour Henry de Blois, évêque de Winchester,
avant 1161 (Brit. Mus., Nero CIV). Le texte est précédé de trente-huit
miniatures aussi grandes que la page, dont la plupart traitent de deux à
Phot. Iliseioft.
Fig. 259. — L’Enfer. Miniature du psautier
écrit pour Henry de Blois, évêque de Winchester.