SUR LA PUISSANCE MOTRICE DU FEU.
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Une nouvelle compression de —j (du volume varié) élèverait encore,
comme on le verra bientôt, la température de ces gaz d’une quantité à
peu près égale à la première; mais il n’en serait pas de même d’une
troisième, d’une quatrième, d’une centième compression pareille. La
capacité des gaz pour la chaleur change avec leur volume; il est très-
possible qu’elle change aussi avec la température.
Nous allons maintenant déduire de la proposition générale énoncée
p. 20 un second théorème qui servira de complément à celui qui vient
d’être démontré.
Imaginons que le gaz renfermé dans la capacité cylindrique abcd
(fig. 2) soit transporté dans la capacité a'b'c'd' [fig. 3), d’égale hau
teur, mais de base différente et plus étendue : ce gaz augmentera de
volume, diminuera de densité et de force élastique dans le rapport in
verse des deux volumes abcd, a'b'c'd'. Quant à la pression totale
exercée sur chaque piston cd, c'd', elle sera la même de part et d’autre,
car la surface de ces pistons est en raison directe des volumes.
Supposons que l’on exécute sur le gaz renfermé en a'b'c'd'les opé
rations décrites p. 21, et qui étaient censées faites sur le gaz renfermé
en abcd, c’est-à-dire supposons que l’on donne au piston c'd' des
mouvements égaux en amplitude à ceux du piston cd, qu’on lui fasse
occuper successivement les positions c'd' correspondant à cd, et e'f
correspondant à ef, et qu’en même temps on fasse subir au gaz, par
le moyen des deux corps A, B, les mêmes variations de température
que lorsqu’il était renfermé en abcd : l’effort total exercé sur le piston
se trouvera être, dans les deux cas, toujours le même aux instants cor
respondants. Cela résulte uniquement de la loi de Mariotte ( 1 ); en
(') La loi de Mariotte, sur laquelle nous nous fondons ici pour établir notre démonstra
tion, est une des lois physiques les mieux constatées. Elle a servi de base à plusieurs théories
vérifiées par l’expérience, et qui vérifient à leur tour les lois sur lesquelles elles sont assises.
On peut citer encore comme vérification précieuse de la loi de Mariotte et aussi de celle de
MM. Gay-Lussac et Dalton, pour un grand intervalle de température, les expériences de
MM. Dulong et Petit. (Voir Annales de Chimie et de Physique, février 1818, t. VII, p. 122.)
On peut citer encore des expériences plus récentes de MM. Davy et Faraday.
Les théorèmes que nous déduisons ici ne seraient peut-être pas exacts si on les appliquait
hors de certaines limites, soit de densité, soit de température; ils ne doivent être regardés
comme vrais que dans les limites où les lois de Mariotte et de MM. Gay-Lussac et Dalton
sont elles-mêmes constatées.
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