Full text: VIS - ZZU (Tome 36.)

  
  
  
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toutes les oecafons peur Epicute ; il efti- 
moit fa probité, fon éloignement des vai- 
nes difputes , la netteté de fes mœurs, & 
cette grande tempérance dont il faifoit 
profeffion, & quiloin d’être ennemie de 
la volupté, en eR plutôt l’affaifonnement. 
Sa patrie lui éleva plufieurs ftatues; d’ail- 
leurs fes vrais difciples & fes amis parti- 
culiers vivoient d’une maniere noble & 
pleine d’égards les uns pour les autres ÿ 
portoient à lexcès tous les devoirs de 
l'honnête à l’agréable. Un maître qui a 
douces & bienfaifantes, ne pouvoit man- 
quer d’être un grand homme; mais on ne 
doit pas reconnoître pour fes difciples 
quelques libertins qui ayant abufé du 
nom de ce philofophe , ont ruiné la répu- 
tation de fa feéte, Ces gens ort donné à 
leure vices l’infcription de fa fagefle , ils 
ontcorrempu fa doétrine par leurs mau- 
vaifes mœurs , & fe font jetés en foule 
dans fon parti, feulement parce qu'ils en- 
tendoient qu’on y louoit ia volupté, fans 
approfondir ce que c'étoit que cette wo- 
lupté. Hs fe font contentés de fon nom en 
général , & l'ont fait fervir de voile à 
leurs débauches ; ils ont cherché l’auto- 
rité d'un grand homme, pour appuyÿer les 
défordtes de leur vie , an lieu de profiter 
des fages confeils de ce philofophe, & de 
corriger leurs vicieufes inclinations dans 
fon école. La réputation d'Epicure feroit 
en très-mauvais état, fi quelques perfon- 
nes défintére{fées n'avoient pris foin d'é- 
tudier plus à fond fa morale, Il s'eft donc 
trouvé des gens qui fe font informés de la 
vie de ce philofophe, & qui fans s'arrêter 
à lacroyance du vulgaire , ni à l'écorce 
des chofes;ont voulu pénétrer plus avant, 
&ontrendu des témoignages fort authen- 
tiques de la probité de fa perfonne, & de 
Ja pureté de fa doctrine, Îls ont publié à 
la face de tonte laterre, que fa volupié 
étoit anfMfi févere que la vertu des ftoi- 
ciens , & que pour être débauché comme 
Epicure , il falloit être aufli fobre que 
Zénon. Parmi ceux qui ont fait l’apolo- 
gie d'Epicure, on pènt compter Ericius 
Puteanus , le fameux dom Francifca de 
Quevedo, Sarazin, le fieur Colomiés, M. 
de Saint-Evremont , dont les réflexions 
font curieufes & de bon goût, M. le ba- 
ron Defeoutures,la Mothe le Vayer,l'ab. 
béde Saint-Réal, & Sorbicre, Un auteur 
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VOL 
| moderne , qui a donné des ouvrages durs 
goût très-fin , avoit promis un commen« 
taire fur la réputation des anciens ; celle 
d'Epicure devoit y être rétablie. Gaflendf 
s'eft fur-tout fignalé dans la défenfe de ce 
philofophe; ce qu'il a fait là-defus ef 
un chef-d'œuvre, ke plus beau & le plus 
judicieux recueil qui fe puiffe voir, & 
dont Pordonnance eft la plus nette, &la 
mieux réglée. M. le chevalier Temple , 
. filluftre par fes ambalades , s’eft auffi 
l'amitié , & préféroient conftamment ; 
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déclaré le défenfeur d'Epicure, avecune 
: adrefle toute particuliere. On peut dire 
fu infpirer tant d'amour pour Îles vertus ; 
en général, que la morale d’Epicure ef 
plus fenfée & plus raifonnable que celle 
des ftoïciens , bien entendu qu'il foit 
queftion du fyftême du paganifme. Voy. 
SAGE. 
On entend communément par vo/psé 
tout amour du plaifir qui n’eft point diri 
gé par la raifon, & en ce fens toute vo. 
lupté eftillicites le plaifir peut être con 
lideré par rapport à l'homme qui a ce fens 
timent,par rapport à la fociété,& par rap 
port à Dieu. S'il eft oppofé au bien de 
l’homme qui en 4 le fentiment, à celui de 
fociété , ou au commerce que nous de- 
vons avoir avec Dieu, dès lors il eft cri 
minel. On doit mettre dans le premier 
rangces voluptés empoifonnées qui font 
acheter aux hommes par des plaifirs d'un 
inftant, de longues douleurs.On doit pen- 
fer la même chofe de ces voluptés qui font 
fondées fur la mauvaife foi & fur l'infi- 
délité, qui établiffent dans la fociété la 
confufon de races & d’enfans, & qui font 
fuivies de foupeons, de défance , & fort 
fouvent de meurtres & d’attentats fur les 
loix les plus facrées & les plus inviota. 
bles de la nature. Enfin on doit regarder 
comme un plaïfir criminel, le plaifr que 
Dieu défend, foit par la toi naturelle qu’il 
a donnée à tous les hommes, foit par une 
loi pofitive, comme le plaifir qui affoi- 
blit, fufpend on détruit le commerce que 
nous avons avec lui,en nous rendant trop 
attachés aux créatures. 
La volupté des yeux , de l’odorat & de 
l'ouie , eft la plus innocente de toutes, 
quoiqu’ellé puiffe devenir criminelle, 
parce qu’on n’y détruit point fon être, 
qu'on ne fait tort à perfonne ; maisle 
volupté qui confifte dans les excès de la. 
bonne chere, eft beaucoup plus criminel= 
le:elle ruine la fanté de l'homme , elle 
abaille l’efprit , le rappellant de ces haus 
hs! 
Qué 
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