8. Mode et vitesse de combustion de la poudre.
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pas aux poudres noires en général, et n’a lieu que dans le cas où la
poudre a été, par la fabrication, comprimée de telle façon que son
poids spécifique soit plus grand que 1,85 alors que d’ordinaire il est
plus petit. Par contre, d’après P. Vieille, la loi s’applique aux nouvelles
poudres. On en trouve la preuve dans l’observation des résidus éteints
et l’on en a une confirmation dans le fait que la durée de combustion
du grain a été trouvée proportionnelle à sa grosseur. Ces vues de
P. Vieille ont été récemment modifiées sur quelques points essentiels
par P. Charbonnier 18 a ).
Des expériences avec les nouvelles poudres dont on a déterminé la
combustion sous volume constant en portant à l’incandescence un fil
de platine ont donné le résultat suivant:
La durée x de la combustion croît avec l’épaisseur et la densité du
grain et décroît quand la densité de chargement A croît.
W. Wolff 19 ) a récemment cbercbé à établir une relation déter
minée entre t et A, en se basant sur des expériences faites avec
plusieurs sortes de poudres nouvelles et des grains de forme et de
grosseur différentes.
Voici quelques nombres donnés par W. Wolff pour le grain
parallélépipédique :
Dimensions du parallélépipède
A
t
mesuré
l cm ,093 x 0 cm , 897 x 0 cm , 174
t 0,098
0 sec ,0305
0 cm ,663 X 0 cm ,587 x 0 cm , 049
10,193
| 0,098
0 8ec ,0178
0 8ec ,0075
10,193
0 Bec ,0030
Si 2 e est l’épaisseur de la couche brûlée du grain, W. Wolff dit que
est la vitesse de combustion de la poudre; cette vitesse détermine la
brisance ou vivacité d’une matière explosive; plus la poudre brûle vite,
plus on la dit vive. La vivacité d’une même matière explosive est
très différente, suivant les circonstances dans lesquelles la combustion
se produit.
De nombreuses expériences montrent que la vitesse de combus
tion n’est pas indépendante de la pression p (comme G. Piobert l’avait
18 a ) P. Charbonnier, Balistique intérieure, Paris 1908, p. 7 et suiv.
19) Kriegstechnische Zeitschrift 6 (1903). Pour ce qui concerne la mesure
de la durée de la combustion t de la poudre et les diverses hypothèses faites
à ce sujet, voir ce mémoire et aussi l’article actuel IV 22, n° 18. Sur la méthode
de P. Vieille voir surtout A. BrynJc, Ynutrennïa balistika (balistique intérieure) 1,
S* Pétersbourg 1901, p. 140.