Full text: SI - SUBU (Tome 31.)

   
    
   
   
  
   
  
  
  
   
  
  
   
  
  
   
  
   
   
  
  
   
  
  
   
  
  
  
  
  
   
  
  
  
  
   
  
  
  
   
  
   
  
  
    
    
  
  
   
   
  
   
   
   
    
  
  
  
  
  
  
Y04. Si M 
£eil, qni pouvoit leur tenir lien de pete. 
Simon fignala fa valeur dans plulieurs 
occañons, fout le gouvernement de Ju- 
das & de Jonathas fes freres. Le premier, 
l'ayant envoyé avec trois mille hommes 
dans la Galilée, pout fecourir Les Juifs 
de cette province contte les habitans de 
Tvur, de Sidon & de Ptolemaide, Simon 
défit piufieurs fois les ennemis, & revint 
triomphant & chargé d'un grand butin, 
auprès de fes Fréres. Il battit Apollonius, 
conjointement avec Jonathas ; & celui- 
ci ayant été arrêté par Tryphon, Simon 
alla à Jérufalem pour raflurer le peuple, 
que cœtte déténtion avoit alarmé. Il lui 
Gt un excellent difcours, dans lequel on 
voit éclater l'amour de la religion & de 
Ja patrie, le détachement de la vie, & la 
ferme réfointion où il étoit de remplir, 
à l'exemple de fes freres, fa vocation, en 
combattant jufqu’à la mort pour la gloi- 
xe de Dieu, & pour le falut d'Ifraël. Ces 
fentimens héroïques rendirent leicoura- 
ge à tout le peuple, qui , ne vovant per- 
fonneplus digne que Simon d’être à la 
tête des affaires, l’élut tout d’une voix. 
Simon, devenu pere de fa nation par ce 
choix unanime, fit bien voir, par la fa. 
geffe de fon gouvernement , que Dieu 
avoit préfidé à cette éleétion 5 il fit d’a- 
bord aflemblertous les gens de guerre, 
réparaen diligence les murailles & les 
fortifications de Jérufalem, & fe difpofa 
à marcher contre T'ryphon, qui s’avan- 
goit avec une grande armée dans le pays 
de Juda, réfolu de lui livrer bataille. . 
Mais celui-ci lui envoya des ambaffa- 
deurs, pour lui dire qu'il n’avoit retenu 
Jonathas, que parce qu'il éteit redevable 
de quelques fommes au roi ; mais que s’il 
vouloit fui remettre cent talens, & les 
deux fils de Jonathas en otage, il rendroit 
Ja liberté au pere. Quoique Siwox recon- 
nût que le perfide ne parloit ainfi que 
pour le tromper, il fe trouva cependant 
dans la cruclle néceflité de mettre fes 
deux neveux à la merci de ce traître, de 
crainte qu'en lui refafant ce qu'il de- 
mandoit, Ifraël ne le rendit coupable de 
Ja mort du pere. Ce qu'il craignoit arriva: 
Tryphon ne renvoya point Jonathas; 
mais défefpéré de ee que Sinon faifoit 
échouer fon deffein fnr Jérufalem, il af 
faMina le pere &les deux fils, & reprit le 
chemin de fon pays. Siwrom envoya cher. 
cher les os de ion frere, & lesfitenfeve- 
  
   
    
S I M 
lit honorablement à Modin, dans le fé. 
pulére de fes peres, qu’il fitorner de co 
lonnes, de pyramides & de trophées. Après 
cela, il s'appliqua à réparer les places de 
la Judée, & à les mettre en état de dé- 
fenfe. [ envoya enfuite desambaffadeurs 
à Démétrius. qui avoit fuccédé, dans le 
royanme de Syrie, au jeune Ântiochus, 
mañacré par Tryphon, & pria ce prince 
de rétablir la,Judée dans fés franchifes, 
& de l'exempter de tributs: Démétrins 
accorda plus gn'on ne lui demandoit ; il 
affranchit la Judée du joug des Syriens, 
lala aux Juifs les places fortifiées, & 
les exempta de toutes charges ; & l'on 
commencé en cette année d'écrire fur les 
regiftres publics : la premiere année, 
fous Simon, grand pontife, chef & prince 
des Juifs. Un an après que la liberté eut 
ététendue anx Juifs, les Syriens forti- 
rent de la citadelle de Jérufalem, qu'ils 
occupoient depuis long-tempss & Simon, 
après l'avoir purifiée, y entra en cérémo- 
nie, & établit une fête folemnelle en mé- 
moire de cette rédu@ion. Il s’appliaua 
enfuite à faire le bonheur de fes peupless 
il établit par-tout l'abondance, la joie, la 
fécurité & la paix; il fit fleurir l'agri- 
culture, protégea ceux qui cultivoient la 
terre, foulagea les pauvres, réprima l’in- 
juftice, rétablit la pureté du culte divin, 
& fit obferver les loix de Dieu. Tonte 
la fuite de fon adminiflration nous trace 
l'image & le modele du plus heureux 
gouvernement. Îl renouvella avec les 
Lacedémoniens @ les Romains, l'allian- 
ce que ces deux peuples avoient faite 
avec fes freres, & il envoya aux derniers 
pat Mummius, un bouclier d’or , qui fut 
recu avec la plus grande fatisFa@tion. Les 
Juifs, pour donner à ce généreux chefun 
témoignage de leur reconnoiffance. firent 
dreffer un acte public des obligations 
qu'ils avoient à Simon & à toute fa Fe- 
mille ; lui confirmerent pour toujours la 
dignité de prince & de pontife de la na- 
tion, pouren jouir, lui & fes defcendans, 
à perpétuité, jufqu'à ce qu'il fe levât par- 
mieux un pontife fidele. Ces dernieres 
paroles marquent l'attente où étoient les 
Juifs du regne du Meffie. Cette déclara. 
tion fut écrite fur une table de cuivre, 
placée dans les galeries du temple; &on 
en mitune copie dans le tréfor, pour fer- 
vir à Son & à fes enfans. Ce tranfport 
de la dignité pontificale dans la maifon 
  
  
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Syrie, a 
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