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RÉFLEXIONS
Quant aux autres gaz permanents, ils doivent être absolument rejetés :
ils ont tous les ineonvénients de l’air atmosphérique, sans présenter
aucun de ses avantages.
On peut en dire autant des vapeurs autres que celles de l’eau com
parées à cette dernière.
S’il se rencontrait un corps liquide abondant, qui se vaporisât à une
température plus élevée que l’eau, dont la vapeur eût sous le même
volume une chaleur spécifique moindre, qui n’attaquât pas les métaux
employés à la construction des machines, il mériterait sans doute la
préférence; mais la nature ne nous offre pas un pareil corps.
On a proposé quelquefois l’emploi de la vapeur d’alcool, on a même
construit des machines dont le but était de rendre cet emploi possible,
en évitant de mêler les vapeurs avec l’eau de condensation, c’est-à-
dire en appliquant le corps froid extérieurement, au lieu de l’intro
duire dans la machine. On croyait apercevoir dans la vapeur d’alcool
un avantage remarquable en ce qu’elle possède une tension plus forte
que la vapeur d’eau à égale température. Nous ne pouvons voir là
qu’un nouvel obstacle à surmonter. Le principal défaut de la vapeur
d’eau est sa tension excessive à une température élevée : or ce défaut
existe à plus forte raison dans la vapeur d’alcool. Quant à l’avantage
relatif à une plus grande production de puissance motrice, avantage
d’employer un combustible de prix modéré, car il fallait un corps en poudre très-fine, dont
l’inflammation lût prompte, facile à propager, et laissât peu ou point de cendres.
Au lieu d’opérer comme le faisaient MM. Niepce, il nous eût semblé préférable de com
primer l’air par des pompes pneumatiques, de lui faire traverser un foyer parfaitement clos,
et dans lequel on eût introduit le combustible en petites portions par un mécanisme facile à
concevoir; de lui faire développer son action dans un cylindre à piston ou dans toute autre
capacité extensible; de le rejeter enfin dans l’atmosphère, ou môme de le faire passer sous
une chaudière à vapeur, afin d’utiliser la température qui lui serait restée.
Les principales difficultés que l’on eût rencontrées dans ce mode d’opération eussent été
de renfermer le foyer dans une enveloppe d’une solidité suffisante, d’entretenir cependant la
combustion à un état convenable, de maintenir les diverses parties de l’appareil à une tem
pérature modérée, et d’empêcher les dégradations rapides du cylindre et du piston. Nous ne
croyons pas ces difficultés insurmontables.
Il a été fait, dit-on, tout récemment en Angleterre des essais heureux sur le développe
ment de la puissance motrice par l’action de la chaleur sur l’air atmosphérique. Nous igno
rons entièrement en quoi ces essais ont consisté, si toutefois ils sont réels.