A signaler enfin le début d'une fabrication en série, afin de pouvoir répondre aux
demandes de travaux futurs.
Conclusion et applications
La triangulation d'objets lumineux sur fond d'étoiles, pour déterminer soit cet objet
lui-même, soit des points au sol, est possible avec les matériel et méthode mis au point par
l’Institut Géographique National, avec une précision atteignant actuellement le 1/50 000 et
qu’on peut espérer porter à 1/100 000 avec les perfectionnements futurs (application des
plaques sur les fonds de chambre en particulier).
Les applications possibles de la nouvelle méthode sont importantes, soit en trajecto-
métrie (il y aura de plus en plus d'objets dans le ciel et l'I.G.N. qui est un marchand de
coordonnées doit s'intéresser aussi à celles-là), soit en géodésie pour les rattachements à
grande distance, par exemple pour les fies isolées.
Remarques
1°) Un satellite genre Echo est tout à fait convenable pour de tels rattachements. Outre
que sa hauteur est bonne, sa magnitude suffisante et sa vitesse angulaire suffisamment faible
pour permettre aux disques obturateurs de n'introduire aucune erreur supplémentaire (les
disques assurent le 1/I000s, ce qui correspond en moyenne à 1/200 000), son avantage essentiel
est d’être visible tous les soirs de beau temps pendant 1 mois sur 3, alors qu’un satellite genre
Anna n'envoie que quelques flashes de faible magnitude, bas sur l'horizon, et cela sur commande,
sans compter les pannes éventuelles.
Or, le problème est justement de pouvoir faire beaucoup de mesures, d'une part, afin de
pouvoir lisser le phénomène de scintillation (qui atteint le 1/30 000, résultat obtenu sur Echo en
juillet 62) et surtout afin de pouvoir profiter au maximum des rares passages où il fait beau
(c’est-à-dire où le ciel est sans nuages) simultanément en plusieurs points (1), ce qui est
essentiel et rendrait très difficile l'emploi d'un satellite à éclairs forcément parcimonieux et
de vie assez courte.
Au contraire, l'emploi du flash est tout indiqué pour les avions et fusées, car outre
la simplification du matériel et la possibilité de grandes vitesses angulaires on n'a alors à
redouter ni une panne éventuelle (peu probable étant donné le court temps de fonctionnement)
ni une nébulosité différente aux divers points (étant donné leur rapprochement).
2°) Comparées aux autres moyens de trajectométrie les chambres balistiques néces
sitent un dépouillement et des calculs assez longs, mais elles présentent deux avantages précieux,
d'une part, leur grande précision (d'où leur emploi comme appareil d'étalonnage des autres
procédés) et d'autre part, leur simplicité. Au fond ce ne sont que des boftes ave£ un objectif
et une plaque, utilisant comme référence le limbe gratuit des étoiles et la base de temps non
moins gratuite des signaux horaires. Cette simplicité a déjà été à la base de leur construction
avec les moyens assez pauvres de l'Institut Géographique National, elle a permis ensuite une
réalisation rapide (ce qui était important) et elle permet maintenant un emploi très sûr en raison
du faible nombre de pièces et de l'indépendance totale par rapport aux autres moyens, la seule
sujétion étant qu'il fasse beau, (mais pour une zone restreinte cette condition est acceptable) et
qu'on veuille bien travailler le soir. D'où leur emploi, en plus de la trajectométrie d'étalon
nage, pour la trajectométrie d'exploitation, tout au moins pour les engins chers comme les
fusées (où la sûreté de fonctionnement est importante) et ceci peut-être pour un temps encore
assez long.
(1) S'il fait beau 1 jour sur 2 en chaque point la probabilité pour qu'il fasse beau simultanément
en n points indépendants est (1 /2J 1 ; c'est ce que l'expérience de juillet 62 a confirmé, et c'est
peut-être là son résultat le plus important. Au contraire cette probabilité reste voisine de 1 /2
quand les points sont dans la même zone.
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