HISTOIRE DE L’ART
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l’on n’a fait qu’imiter après lui, il ne montre comme dessinateur ni comme
coloriste une personnalité qui permette de l’égaler a ses nobles ancêtres
de Florence, de Parme ou de Venise; peintre de clievalel, il continue
le Dominiquin et le Guide; fresquiste, il annonce et prépare Tiepolo; et
c’est déjà, dans l’histoire de la peinture italienne, un sort digne d’envie.
Pietro Berrettini, né en 1596 à Cortone, d’une vieille famille de
maîtres maçons et de tailleurs de pierres, ! ut confié, dès 1 âge de I reize ans,
au peintre florentin Andrea Commodi, qui l’emmena en 1612 à Borne, et
l’y laissa, lorsqu'il repartit pour Florence, deux ans plus tard, dans le
modeste atelier de Baccio (hardi, d où le précoce et brillant élève ne
l'hot. Alinari.
Fig. 6t>. — La Bataille d’Arbelles, par Pierre de Cortone.
(Palais des Conservateurs, Home.)
devait point tarder à s’évader. 11 commença par des copies. Celle qu'il tit
de la Gcilcitée de Baphaël (conservée aujourd'hui à l'Académie de Saint-
Luc) lui valut la faveur du marquis Sacchetti et ses premières belles
commandes (il avait déjà peint un Ange gardien pour la petite église de
San Biagio della Pagnotta). Le Cavalier Marin obtint de lui un Renaud et
Annule: un Triomphe de Bacchus, une Bataille d'Arbelles tig. 66), une
Polyxène el un Enlèvement des Sabines, peints pour les Sacchetti, se trou
vent au Palais des Conservateurs ; et le quatrième de ces tableaux avait
été désigné pai- Velâzquez pour faire partie d'un envoi en Espagne, auquel
on renonça d’ailleurs. Le cardinal Sacchetti, frère du marquis, l'intro
duisit chez les Barberini, desquels il (Mit, pour son début, la commande
du décor à fresque de toute une paroi de l’église de Sainte-Bibiane,
fresques terminées en 1626; puis il peint une Crèche à San Salvatore in
Lauro; il envoie à Cortone une Vierge entourée de saints, et, de 1628 à 1652,
il compose le grand retable de la chapelle du Saint-Sacrement à Saint-
Pierre de Borne, une Trinité, que cache en partie le tabernacle de Bernin.