PÉRIODE CRÉTACÉE 1349
l'Europe occidentale. Avec ces Ammonites, on rencontre à ce niveau Lucina
Townsendi et, un peu plus haut, Lahillia Luisa, Astarte venatorum, etc.
Les affinités de cette faune sont donc très grandes, non seulement avec
les couches d'Aryalour et de Valoudayour de l’Inde, mais encore avec les
couches de Quiriquina du Chili et avec les couches sénoniennes du Sud de
la Patagonie.
Le Sénonien de la Terre de Graham fait partie des Antarctandes, c’est-à-
dire de la branche antarctique de la boucle par laquelle Arctowski prolon-
geait hypothétiquement, dès 1895, la Cordillère des Andes. Sa présence vient
également confirmer le tracé du géosynclinal circumpacifique donné par
l’auteur de ce Traité dès 1900 [XII, 12]. Le cercle se trouve presque entière-
ment fermé et le nombre des points où le Sénonien se présente avec les
caractères paléontologiques du Sénonien de l’Inde est suffisant pour que
l’on soit en droit d'admettre la continuité des dépôts sur tout le pourtour
du Grand Océan actuel. La présence du genre Phylloceras et des Lytoceratidæ
au Japon, dans la Colombie Britannique, en Californie, au Chili, en Pata-
gonie et dans la Terre de Graham montre avec évidence que l’on n’est pas,
dans tous ces pays, en présence de formations littorales, mais qu’il s’agit de
formations bathyales, déposées dans un géosynclinal étroit, où s’accumu-
laient de grandes épaisseurs de dépôts.
TERRES ARCTIQUES. — On a vu plus haut que, dans les régions qui avoisinent
l'océan Arctique, le groupe Mésocrétacé n’est représenté par aucune forma-
tion marine, au moins dans l’état actuel de nos connaissances. Il existe, par
contre, dans ces mêmes régions, quelques traces de dépôts marins apparte-
nant à la période Néocrétacée.
Le Sénonien n’est pas connu sur le bord septentrional du continent Sino-
Sibérien, mais il a été signalé, en deux points, dans la Sibérie occidentale,
sur le versant oriental de l'Oural.
Sur les bords de l’Aïat, dans la province de Tourgaï, les couches paléo-
zoïques redressées supportent, d’après Krasnopolski, de la craie en cou-
ches horizontales, avec Pycnodonta vesicularis, Ostrea acutirostris, Belemnitella
lanceolata, c’est-à-dire du Maestrichtien identique à celui de la Russie méri-
dionale.
Le second point est situé plus au nord, par 62° 1/2 lat. N., sur les bords
de la Soswa. Des schistes argileux ont fourni à Fedorow de nombreux
restes de Baculiles, dont l'étude paléontologique reste encore à faire et dont
l’âge précis est par conséquent indéterminé [0,22, III].
Un Inocérame incomplètement conservé, qui paraît appartenir à une
espèce néocrétacée, a été recueilli à la Terre François-Joseph et figuré par
Newton, mais c’est là le seul indice que nous possédions de l’existence de
dépôts sénoniens sur les rives de l’océan Arctique.
Sur la côte occidentale du Groenland, les plus élevées des couches à
Végétaux dont il a été question plus haut renferment également des fossiles
marins d'âge incontestablement néocrétacé. P. de Loriol [379) cite, des
couches de Patoot, les espèces suivantes, qui sont identiques à des formes
maestrichtiennes du Centre des États-Unis (Fort Pierre, Fox Hills) :
Hemiaster Humphreysianus, Avicula nebrascana, Nuculana bisulcata, Lucina
subundata, Solemya subplicata, Dentalium gracile, Entalis paupercula, Vanikoro
ambigua. Le même auteur décrit en outre plusieurs espèces nouvelles :
Pecten alaensis, Aslarte Steenstrupi, Inoceramus groenlandicus, Steenstrupi, patoo-
tensis. Des observations plus récentes, faites par les membres d’une expédi-
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