AMALGAMATION, 551
observé lestravaux métallurgiques de l'Amérique, chercha àintro-
duire en Europe l’art de l'amalgamation. Les essais qui furent
tentés à cet effet en Allemagne, présentèrent un résultat défavo-
rable. Cependant de Born ayant conçu la justesse du principe
sur lequel l’art de l’amalgamation était fondé , fit de nombreux
essais , et en 1784 il inventa un nouveau traitement par le mer-
cure. Son procédé successivement perfectionné par de Charpen-
tier, Gellert et plusieurs autres métallurgistes allemands, est
connu aujourd’hui sous le nom d’amalgamation saxonne.
Les minerais destinés à ce traitement, ne contiennent pas sen-
siblement de galène. Les barrètesriches, comme l'argent rouge,
l'argent vitreux, le fahlerz, sont préparées à sec. Les minerais
moins riches sont bocardés à l’eau, et lavés. On a trouvé qu’il
était avantageux de soumettre à lamalgamation un mélange
d’une richesse d’environ quatre onces par quintal. Il convient
aussi que dans ce mélange il y ait ro pour °/, de pyrite de fer.
Le minerai , réduit en poudre fine, est mêlé avec 10 pour °{,
de sel marin, et grillé.
Le grillage s'exécute dans un four à reverbère: on opère sur
cinq à six quintaux, on étend le minerai sur la sole du four, et
on l’égalise bien à l’aide d’un ringard. La chaleur doit être
ménagée dans le commencement, afin d’éviter la formation des
grumeaux, On augmente peu à peu le feu ; le grillage continue
bientôt presque entièrement aux dépens du soufre. Lorsque le
minerai devient trop obscur, on ranime le feu ; et après avoir
retourné la masse, on la remue presque continuellement pour
favoriser le grillage. De temps à autre, l’ouvrier, chargé du
travail, retire, avec une cuiller de fer, un échantillon du mine-
rai, pour reconnaître si l’odeur de l'acide hydrochlorique, qui
est sensible pendant tout le grillage, commence à s’affaiblir. Le
grillage est terminé quand cette odeur a presque complétement
disparu et quand le minerai s'éteint rapidement aussitôt qu’il
est hors du fourneau.
Le minerai grillé est moulu dans un moulin à bled, et la fa-
rine métallique blutée dans des blutoirs faits en fils de laiton.
Un moulin débite environ vingt-quatre quintaux de minerai
en vingt-quatre heures.
Le minerai moulu est amalgamé dans des tonneaux. Dans un