Full text: Effets de la lumière (Tome 2)

DE LA VISION. 
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se trouve être impressionnable entre les mêmes limites de réfrangibilité 
que la rétine. Si cette substance donnait un courant électrique dont 
l’intensité fût proportionnelle à celle des rayons actifs, comme le cou 
rant électrique est produit dans les différentes parties du spectre, on 
aurait ainsi un moyen de comparer entre eux les effets produits par les 
rayons différemment colorés. 
M. Chevreul (I), dans ses recherches sur la comparaison des cou 
leurs, a reconnu que le mélange d’une certaine quantité de lumière 
blanche avec une couleur du spectre peut changer la teinte de celle-ci. 
Ainsi le milieu de l’espace G H du spectre solaire qui aune lumière 
diffuse faible correspondait au 3 e bleu violet de la gamme chromatique 
dont il va être question ci-après, passait au 4° bleu violet quand on 
éclairait cet espace avec une lumière diffuse plus intense. 
D’un autre côté, il a reconnu également que si l’on fait varier l’in 
tensité d’un faisceau lumineux provenant soit d’une certaine partie 
du spectre solaire, soit de rayons qui ont traversé des écrans de verre 
coloré, la nuance obtenue change selon l’intensité du faisceau ; ainsi 
en général les lumières violettes prennent du rouge en se dilatant, et 
au contraire tournent un peu au bleu en se condensant; la lumière 
bleue prend du jaune en se dilatant. Une manière très-simple de cons 
tater ce changement de nuance consiste à introduire un faisceau lumi 
neux dans une chambre noire, à lui faire traverser un écran en verre 
coloré, puis une lentille, et à recevoir la moitié de l’image de l’ou 
verture sur un écran blanc placé à quelque distance du foyer et l’autre 
moitié àuneautre distance ; on évalue aisément de celte manière les rap 
ports des intensités lumineuses d’une même étendue de chaque image. 
M. Helmholtz (2) en comparant les intensités des couleurs du spectre 
d’après différentes méthodes en a conclu que l’intensité de la sensa 
tion est une fonction de l’intensité lumineuse qui diffère suivant l’es 
pèce de lumière. Ainsi, lors de la combinaison des couleurs, il a trouvé 
que l’intensité apparente du violet qui donne du blanc avec le jaune 
vert est ^ de ce jaune pour un éclairage intense, tandis qu’elle n’est 
que le \ pour un éclairage plus faible. 
Il semble résulter de l’ensemble des faits observés que lorsque la 
rétine perçoit une impression colorée, en même temps elle reçoit 
une impression qui correspond à une certaine quantité de lumière 
(1) Moyen dénommer et de définir les couleurs. Mèm.deV Acad. des sciences, t. 33, p. 77. 
(2) Optique physiologique, p. 422.
	        
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