Full text: Compléments (Tome 4)

12 • ŒUVRES DE FERMAT. — COMPLEMENTS. 
Cette apparence ne se forma point dans les parties de l’air pur, et 
tél que celuy qui environne ordinairement la terre, elle ne seroit pas 
si rare; aussi ce météore ne fut pas formé dans une nuee espoisse, 
comme il arrive souvent que les nuees nous renvoient la lumière du 
soleil vive et raionnante à plus (*) près comme estoit celle-cy, ni dans 
la pluie tombante par l’espace de l’air comme il arrive en l'iris, il ni 
avoit aucun nuage et il ne parust aucune des couleurs de l’iris. Il reste 
à panser que c’estoit une vapeur espandue dans l’air de telle consis 
tance qu’elle renvoioit les raions du soleil et n’estoit pas perceptible à 
la veiie. 
Mais l’on put douter si de l’esgalité et uniformité de la lumière qui 
formoit ceste apparence il en faut inférer l’esgalité des angles soubs 
lesquels elle se forma, dV)ù il s’ensuivroit que ce météore seroit une 
partie de circumférence, laquelle estant descrite passeroit par les 
centres du soleil et de l’œil qui sont les points desquels sont tirées les 
lignes qui constituent les dicts angles esgaus. Ou bien, si l’on doit 
juger que cette apparence soit formée soubs divers angles et en diverses 
distances, parce que la réflexion de la lumière se faict soubs toutes 
sortes d’angles, d’où il advient que les diverses reflexions quoiqu’ines- 
galles entre elles représentent une lumière esgalle estant veues con 
jointement, et ainsi ce météore ne feroit pas une partie de circonfé 
rence, mais plusieurs portions de circonférences, ou bien une portion 
de cercle qui ne représente qu’une ligne droite à l’œil qui est posé 
dans le mesme plan, parce que les parties de la vapeur qui se rencon 
trent dans ce plan renvoient la lumière à l’œil, et au contraire celles 
qui sont hors de ce plan renvoient la lumière ailleurs; pourroit-on 
décider ceste doute par la considération de la tenuité et de la vivacité 
de la lumière, car il semble que le cors qui réfléchit la lumière unie et 
continuement estendue en longueur doit estre continu et solide et que 
ceste reflexion se doit faire en la superficie dudict cors, estant si lumi 
neuse. Aussy pourroit-on juger que ce météore estsi estroit et si deslié 
(*) Lire sans doute «peu».
	        
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