Full text: La Renaissance dans les pays du Nord, formation de l'art classique moderne (Tome 5, 2. partie)

HISTOIRE DE L’ART 
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Borgia cl de la Libreria de Sienne, d’où sortiront, majestueusement 
amplifiés et embellis, les innombrables plafonds des palais du xvn ü siècle. 
Nul plus que Giorgio Vasari, le célèbre biographe des artistes italiens, 
n’a contribué à répandre cette mode ornementale. L’œuvre précieuse 
entre toutes du bon Vasari, son livre, lui a valu un tel renom que ses 
mérites d’artiste en ont été complètement éclipsés, et pourtant il ne nous 
a rien laissé ignorer de sa vie, de ses travaux, de ses ambitions; il 
s’est glorifié lui-même avec une naïveté si candide ou, si l’on préfère, 
un si prodigieux orgueil que, seul des artistes d'Italie, Benvenuto Cellini 
lui pourrait rendre des points; et pourquoi tant d’efforts, si les vastes 
œuvres où se complut la curiosité des contemporains n’excitent plus 
aujourd’hui que l’indifférence ou l’ennui? Tout n’en est point cependant 
banal ni méprisable, et l’élève et l’ami de Michel-Ange mérite que l'on 
s’arrête quelques instants en sa compagnie. Il naquit en 1512 à Arezzo, 
où, tout enfant, il vit Guillaume de Marcillat travailler aux verrières du 
dôme. A douze ans, il fut conduit à Florence, où il eut l’honneur de voir 
ses premiers dessins corrigés par Andrea del Sarlo et par Michel-Ange; 
à quinze ans, rentré dans sa ville natale, il s'essayait déjà à la fresque, et 
bientôt commençait une odyssée de voyages qui le conduisil .à Borne, 
sous le brillant patronage du cardinal Hippolyte de Médicis. Ce furent 
pour son talent d’improvisateur les années décisives. Avec son camarade 
Francesco Salviati, il jouit délicieusement de ce musée incomparable de 
l’art ancien et moderne, et lorsqu il s’établit, en 1551, à Florence, au ser 
vice du duc Alexandre de Médicis, il était propre à toute besogne d’art. 
L'assassinat du duc, en 1557, lui lit reprendre sa vie errante. Il va, pei 
gnant toujours et toujours improvisant, aux Camaldules, à Borne, à 
Bologne (où il laisse un grand tableau, le Festin (te saint Grégoire, que l'on 
peut voir aujourd’hui à la Pinacothèque), à Naples, où il séjourne, et il 
retourne à Borne, où Paul III l’occupe à décorer la salle de la Chancel 
lerie; comme l’on vantait ces peintures devant Michel-Ange, en ajoutant 
qu elles avaient été faites en cent jours, le maître dit bonnement, en 
hochant de la tête : « Cela se connaît ». Et cela se connaît encore de 
toutes celles qu’il lit, avec sa jeune troupe d’aides et d’élèves, pour le 
pape Jules III, dans les églises de Borne et dans la charmante villa 
Giulia, où ^ ignole, Ammanali et Michel-Ange l’eurent pour associé. 
En 1568, date de la seconde édition de son livre, s’arrêtent les rensei 
gnements qu’il nous a prodigués sur lui-même. Mais il travailla long 
temps encore, tantôt à Florence, au service du duc Cosme, tantôt à Borne, 
où Pie V et Grégoire XIII l’employèrent au Vatican et au Latran. 11 
peignit au Vatican, dans la salle Boyale, une Bataille de Lépante d'un 
dessin confus et de la couleur la plus terne; mais il est inutile d'insister 
sur ses œuvres romaines; les décors du Palais ^ ieux, à Florence, offrent
	        
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