HYPOTHÈSE DE LAPLACE
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en remontant aussi loin qu’il est possible, à une nébulosité tellement
diffuse, que l’on pourrait à peine en soupçonner l’existence »
(p. 499-5°°)-
L’étoile nébuleuse à forte condensation centrale n’est donc pas,
pour Laplace, l’état tout à fait primordial, puisqu’il lui suppose un
état antérieur. Mais il s’occupe seulement de la façon dont les planètes
ont pu naître aux dépens de l’atmosphère qui entoure le noyau cen
tral de la nébuleuse. 11 commence par rejeter l’hypothèse qui attri
buerait aux planètes une origine extérieure à la nébuleuse, celle-ci
les ayant captées ; puis il montre que l’atmosphère de la nébuleuse,
en se contractant, abandonne une série d’anneaux.
« Mais comment l’atmosphère solaire a-t-elle déterminé les mou
vements de rotation et de révolution des planètes et des satellites ? Si
ces corps avaient pénétré profondément dans cette amosphère, sa
résistance les aurait fait tomber sur le Soleil ; on peut donc conjec
turer que les planètes ont été formées à ses limites successives, par la
condensation des zones de vapeurs, qu’elle a dû, en se refroidissant,
abandonner dans le plan de son équateur.
« ...L’atmosphère du Soleil ne peut pas s’étendre indéfiniment ;
sa limite est le point où la force centrifuge due à son mouvement de
rotation balance la pesanteur ; or, à mesure que le refroidissement
resserre l’atmosphère et condense à la surface de l’astre les molécules
qui en sont voisines, le mouvement de rotation augmente ; car, en
vertu du principe des aires, la somme des aires décrites par le rayon
vecteur de chaque molécule du Soleil et de son atmosphère et pro
jetées sur le plan de son équateur étant toujours la même, la rotation
doit être plus prompte quand ces molécules se rapprochent du centre
du Soleil. La force centrifuge due à ce mouvement devenant ainsi
plus grande, le point où la pesanteur lui est égale est plus près de ce
centre. En supposant donc, ce qu’il est naturel d’admettre, que l’at
mosphère s’est étendue à une époque quelconque jusqu’à sa limite,
elle a dû, en se refroidissant, abandonner les molécules situées à cette
limite et aux limites successives produites par l’accroissement de la
rotation du Soleil. Ces molécules abandonnées ont continué de cir
culer autour de cet astre, puisque leur force centrifuge était balancée
par leur pesanteur. Mais, cette égalité n’ayant point lieu par rapport